Malik Djoudi

Sorti il y a un an, après un passage introspectif à la Villa Médicis, l’album Vivant est une échappée belle dans le melting-pot de la chanson française et mérite amplement qu’on lui fasse à nouveau une haie d’honneur. Un album qui sent bon le bonheur d’être libre de toute entrave, qui dépose des notes délicates et des textes aux saveurs amoureuses dans nos enceintes, comme autant de printemps éthérés.
Une voix aérienne, entre voile et coton
Toute en pureté, chaude et douce, la voix de Malik Djoudi semble revêtue d’un léger voile comme un nuage de coton. Enveloppante, elle laisse une trace indélébile à celui ou celle qui lui offre une oreille étonnée. L’écouter, c’est se remplir d’un souffle frais, activer un ventilateur dans nos tripes et laisser jaillir nos émotions. Alors on se lance et on l’accompagne de nos voix imparfaites sans que ce soit une hérésie. Lorsque Malik chante, on chante avec lui et, au lieu de se vider la tête, on la gave de plaisir. Il arrive à provoquer en nous un élan vocal qui nous était étranger et on devient alors la flûte enchantée qui joue à ses côtés. Un vent puissant s’engouffre en nous et libère une joie, ou nous étreint la gorge.

Des mots qui scandent la vie
Si le texte de Vivant sonne comme une aventure, quel qu’en soit le sens, il ne tombe jamais dans la mièvrerie. Les mots semblent choisis pour donner un rythme à une délivrance. Ils jouent avec leurs contrastes : « J’suis enfin vivant / Vivant comme je l’aime / Vivant comme je l’attendais / Vivant comme je l’aime ». Des mots qui scandent la vie, le renouveau de celui qui n’y croyait plus. La chanson la plus émouvante est certainement Maman. Une ode touchante à celle avec laquelle il entretient une affection à la fois débordante et désarmante. Des mots chantés, susurrés, des mots chuchotés jusqu’à la fin dans un silence musical. « Le plus important dans ma vie / c’est faire plaisir à maman / Nous on s’en fout du succès / Nous on s’en fout des autres / Mais c’que j’devrais, j’te devrai, C’est tout, c’est tout / Mais c’que j’devrais, j’te devrai, Tout l’or du monde ». Tout l’or du monde, il le doit à sa mère et il nous l’offre. Et ça, c’est beau.
On l’aura compris, à Zone de Friction, on est fan de Malik Djoudi. Un chanteur et un artiste vivant comme son album et comme peut l’être un spectacle. Quelque chose d’authentique qui fait vibrer en nous une corde que l’on pensait tendue et qui se relâche pour devenir un fil de soie. Un album délicat tout en harmonie.
Rédacteur : Raoul Tabille
Prochaines dates :
7 novembre : La source (Volvic – 63)
8 novembre : Les lendemains qui chantent (Tulle – 19)
21 novembre : L’Olympia (Paris – 75)
28 novembre : Quai des arts (Romilly – 10)
12 décembre : Cinéma Jean Carmet (Mornant – 69)
13 décembre : Echo company Denis Théâtre (Hyères – 83)
3 février : Espace 1789 (Saint-Ouen – 93)
6 février : La sirène (La Rochelle – 17)
20 mars : Le métaphone (Oignies – 62)
26 mars : Théâtre de Grasse (Grasse – 06)
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