Une réussite signée Jean-Stéphane Bron

The Deal retrace les négociations tenues à Genève en 2015 entre les États-Unis, l’Iran et plusieurs puissances internationales autour du programme nucléaire iranien, sous la médiation de la Suisse. Alexandra Weiss, diplomate helvétique chargée de superviser les discussions, tente de maintenir l’équilibre entre des camps aux intérêts opposés. La situation se complique lorsqu’un ingénieur iranien, Payam Sanjabi — ancien amour d’Alexandra et emprisonné dans son pays — est amené sur place pour évaluer les stocks d’uranium. Sa présence attire l’attention du Mossad, bien décidé à faire capoter les pourparlers.
Le sujet, à première vue, pourrait sembler aride : des négociations internationales, des protocoles diplomatiques, des discussions autour d’une table. Pourtant, The Deal déjoue toutes les attentes. La série transforme ce qui aurait pu être un simple huis clos en un thriller politique captivant où chaque chaque mot a son importance.
On assiste aux débats entre les protagonistes, installés dans un hôtel de luxe où se joue l’avenir d’un accord international. Cependant, ces échanges formels ne sont que la surface de ceux que la Suisse orchestre avec subtilité en sous-main, afin d’orienter les principaux acteurs vers les concessions qui constitueront le socle du dialogue.
Quand la vie privée se mêle au politique
Outre le côté diplomatique, on entre sur la pointe des pieds dans la vie personnelle de chacun : du responsable iranien, confronté à la rébellion de sa propre fille contre le régime, à la sous-secrétaire d’état américaine qui doit faire front alors qu’elle est en train de perdre sa mère, en passant bien sûr par Alexandra Weiss et Payam Sanjabi, dont les trajectoires affectives se mêlent aux enjeux. Ainsi, le tableau des confrontations et des bouleversements est complet.


Des tensions latentes dans un climat feutré
On pense, évidemment, à la série Homeland, avec l’inoubliable Carrie Mathison (Claire Danes), qui surfe aussi sur un registre géopolitique très sombre. Mais, a contrario, The Deal reste dans un environnement feutré. On n’en sent pas moins les tensions qui traversent les camps opposés et les dangers sous-jacents. Côté iranien, les divergences éclatent : quand certains tentent de prendre la main qui leur est tendue, d’autres recourent à la brutalité et à des méthodes qui peuvent réduire à néant les efforts diplomatiques. Côté américain, des enjeux de pouvoir et d’ambition se révèlent. Autour de la table, chacun a sa voix, son poids, ses calculs, mais en dehors de cette salle, loin des débats, une machination se met en place, discrète mais redoutable, menaçant de faire basculer l’accord fragile qui se construit petit à petit.
Avec The Deal, la diplomatie devient un terrain où l’humain se confond avec la diplomatie. La série dévoile les doutes, les fissures et les convictions de ceux qui tentent d’équilibrer le monde et rappelle que derrière chaque accord se jouent des batailles internes tout aussi décisives. Une série maîtrisée de bout en bout. Une réussite totale.
Rédactrice : Véronique Gault
crédit photos : Bande à part Films – Les films Pelleas – Gaumont Télévision
Disponible sur Arte.tv
Distribution : Veerle Baetens ( Alexandra Weiss, cheffe de mission diplomatique suisse) – Juliet Stevenson (Cindy Cohen, sous-secrétaire d’État américaine) – Arash Marandi (Payam Sanjabi, ingénieur iranien) – Anthony Azizi (Mohsem Mahdavi, ministre iranien des Affaires étrangères)
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