Par le pouvoir et les armes qui lui sont conféré.es

L’affaire remonte à 2021, en Caroline du Sud : Maggie Murdaugh et son plus jeune fils, Paul, sont retrouvé.es assassiné.es sur le domaine familial. Très vite, les soupçons se portent sur Alex Murdaugh, avocat influent issu d’une dynastie de magistrats ultra-riches ; trois générations d’hommes de loi, à la tête d’un cabinet tout-puissant. Une famille qui incarne la loi, l’argent et l’impunité.
Alex est le vilain petit canard de cette lignée prestigieuse, car derrière la façade de respectabilité se cachent des activités illégales, des détournements d’argent, des addictions, et une spirale de mensonges qui finit par tout engloutir. C’est un homme qui semble ne rien voir, ne rien aimer – à part la chasse et les armes – ne rien respecter en dehors de lui-même. Un adulte aux réactions de gamin mal élevé, prêt à tout pour préserver son confort et son image.
Armes, pouvoir, privilèges : ces éléments deviennent les instruments d’un homme incapable de se soucier des conséquences humaines de ses actes.
Tout au long des épisodes, le suspense est constant. On se surprend à penser que ce que l’on suppose ne peut pas être vrai. Que ce serait trop énorme, trop inhumain. Murdaugh Murders suggère une hypothèse dérangeante : des êtres comme celui-là existeraient donc ? Mais est-ce vraiment lui qui a commis ces crimes ? Le doute est entretenu avec une maîtrise redoutable en jouant sur les incohérences. Jusqu’où peut aller un être humain lorsqu’il se fout de tout, et surtout de ceux qu’il prétend aimer ? La série pose la question sans jamais la souligner, laissant les faits parler d’eux-mêmes.


C’est aussi le récit d’une femme qui a tout sacrifié. Maggie Murdaugh, épouse modèle, a mis de côté ses rêves pour incarner la maîtresse de maison irréprochable, soutien discret mais constant, collaboratrice de l’ombre. Une figure trop souvent effacée, réhabilitée par touches successives, rappelant ce que le pouvoir masculin exige et détruit insidieusement.
Au final, la force de Murdaugh Murders réside dans son refus de la simplification. Ce n’est pas seulement l’histoire d’un crime, mais celle d’un système, d’une dynastie, et d’un homme qui incarne l’abjection faite chair. Un homme qui, peut-être, détrône tous les autres monstres précisément parce qu’il n’éprouve aucun sentiment pour quiconque, si ce n’est pour lui-même. Une histoire effrayante.
Créateur.rices : Michael D. Fuller et Erin Lee Carr
Distribution : Jason Clarke (Alex Murdaugh) – Patricia Arquette (Maggie Murdaugh) – Gerald McRaney (Randolph Murdaugh) – Johnny Berchtold (Paul Murdaugh) – Will Harrison (Buster Murdaugh)
Rédactrice : Alice Desmougins
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