Yarō Abe et Nami Lijima

Manga culte de Yarō Abe, La Cantine de minuit nous entraîne au cœur de la vie nocturne tokyoïte, dans un izakaya, une gargote ouverte toute la nuit. Cette cantine pas comme les autres accueille une clientèle bigarrée (habitué.es de la nuit, solitaires, travailleur.euses tardif.ves) autour d’une promesse simple : cuisiner à la demande les plats dont iels ont envie.
Titre original : 深夜食堂 Shinya Shokudō
Publié au Japon par l’éditeur Shōgakukan, La Cantine de minuit est disponible en version française aux éditions Le Lézard noir. L’œuvre, qui a également fait l’objet d’une série remarquable diffusée sur Netflix sous le titre Midnight Diner, reprend certains épisodes du manga, mais s’en démarque par son angle culinaire. Plus qu’un simple recueil d’histoires, on est dans un carnet de cuisine narratif, où chaque plat raconte un fragment de vie. On y retrouve des ingrédients phares de la cuisine japonaise et des recettes ancrées dans le quotidien.
« Il y a des nuits où l’on ne veut pas rentrer directement chez soi. Des nuits où l’on ne veut pas rester seul. Dans ces moments-là, on est pris de l’envie d’aller dans un établissement tel que… La Cantine de minuit. Les plats du chef n’ont rien de très spécial. Mais étrangement, ils réchauffent aussi bien l’estomac que les cœurs esseulés et meurtris. »
Comme dans la série, la nourriture devient un langage fédérateur : une soupe miso au porc, un ragoût de taro aux calamars ou une simple salade de pommes de terre suffisent à faire ressurgir souvenirs, regrets et espoirs. La lecture donne envie de passer derrière les fourneaux pour reproduire ces plats simples et réconfortants.


Fidèle à l’édition originale, le livre se lit de droite à gauche, comme le veut la culture japonaise. À la croisée du manga, du récit de vies et du livre de cuisine, La Cantine de minuit est un objet éditorial original, aussi chaleureux que gourmand. À l’image de la série Netflix, il fait saliver, réchauffe le cœur et donne envie de s’attarder un peu plus longtemps à table, même au beau milieu de la nuit.
Rédactrice : Véronique Gault
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