After the party

Peter Salmon

Après une soirée arrosée, Penny accuse son mari Phil d’avoir agressé sexuellement un jeune adolescent. Si la plupart de son entourage refuse de la croire, quelques amis lui restent fidèles. L’affaire finit par se tasser et Phil quitte la ville. Cinq ans plus tard, il revient et s’installe auprès de leur fille Grace et de leur petit-fils. Penny est inquiète. Ses accusations reprennent, jusqu’à devenir si insistantes qu’elle finit par perdre ses amis, son travail et, peu à peu, tout soutien.

La première scène d’After the Party est particulièrement réjouissante. Penny, professeure de biologie, surprend un adolescent en train de regarder une vidéo pornographique. Plutôt que de fermer les yeux ou de le sermonner, elle transforme l’incident en cours improvisé sur le désir sexuel. Avec une précision clinique, elle explique les réactions du corps, les mécanismes du désir et surtout la différence entre sexualité et représentation pornographique. La pornographie, rappelle-t-elle, fabrique une vision du sexe qui n’a rien à voir avec la réalité.

Quelques années auparavant Penny accuse son mari Phil d’avoir agressé sexuellement un adolescent. Seul.es quelques ami.es la croient. À mesure que ses accusations se répètent, son entourage lui reproche son comportement excessif. Ses amis finissent par s’éloigner, elle perd son emploi et se retrouve progressivement seule. Même Phil est suffisamment convaincant dans sa façon de retourner les accusations pour que le spectateur commence à se demander s’il n’est pas, finalement, innocent. Et pourtant, quelque chose résiste. La peur pour le petit-fils demeure. Le doute ne disparaît pas complètement.

Lorsque Penny, épuisée par son isolement, finit par se convaincre qu’elle s’est trompée et revient présenter ses excuses à Phil, un malaise persiste. Impossible de croire que tout puisse s’arrêter là. Puis un comportement étrange, presque anodin, vient fissurer à nouveau les certitudes.

After the Party est bien davantage qu’une série sur les violences sexuelles. C’est aussi une remarquable réflexion sur l’emprise et sur la manière dont elle peut s’exercer sans violence apparente. Faire croire à l’autre qu’il est aimé, qu’il est protégé, qu’il est le seul à compter : le mécanisme est insidieux, presque invisible. Phil semble être passé maître sur comment retourner les situations, faire naître le doute et isoler progressivement celle qui l’accuse.

La série montre ainsi combien il peut être difficile de distinguer la vérité du mensonge lorsque celui qui manipule maîtrise parfaitement l’art de paraître crédible. C’est peut-être la plus grande force de cette série : nous faire douter avec Penny, jusqu’à ce que les pièces du puzzle finissent par s’emboîter.


Rédactrice : Alice Desmougins

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