#AprèsLesViolences

Marc Melki

Depuis plus de quatre ans, le photographe Marc Melki mène #AprèsLesViolences, un projet photographique collectif consacré aux femmes et aux enfants victimes de violences conjugales et intrafamiliales, ainsi qu’aux familles touchées par les féminicides.
À travers des portraits et des témoignages, il donne à voir celles et ceux qui ont réussi à y échapper , parfois après des années d’emprise et de peur. Certaines prennent la pose à visage découvert, d’autres préfèrent rester anonymes et sont représentées par des personnalités de l’espace public. Pour les femmes qui ne sont plus là, un proche porte leur témoignage.

Cependant, pour beaucoup de victimes, le départ ne signifie pas la fin des violences. Pressions, menaces, procédures judiciaires, plaintes classées : le parcours qui suit peut devenir une nouvelle épreuve, souvent longue et coûteuse. Le photographe cherche ainsi à montrer ce qui se passe après les violences, lorsque les victimes doivent encore se battre pour être protégées, entendues et crues.

Une partie importante du travail est consacrée aux mères qui tentent de protéger leurs enfants victimes de violences ou d’inceste. Marc Melki met en lumière leur combat et les difficultés auxquelles elles se heurtent, notamment lorsque la parole de l’enfant est mise en doute et que la mère elle-même peut être poursuivie pour non-représentation d’enfant.

Depuis 2022, #AprèsLesViolences a donné lieu à de nombreuses expositions à travers la France : à Bourg-lès-Valence, à l’Assemblée nationale, au Pan Piper avec la Fédération nationale Solidarité Femmes, à France Télévisions, à Besançon, dans l’Aube, à Paris, à Troyes, à Vincennes, ainsi que dans plusieurs villes et institutions en 2024 et 2025. Le projet a également été présenté dans des établissements scolaires, où les photographies ont servi de support à un travail pédagogique avec les élèves.

À travers ces expositions, le photographe souhaite faire émerger ces histoires de la sphère privée et les inscrire dans l’espace public. Les visages deviennent alors des prises de parole. Les portraits ne montrent pas seulement des victimes : ils donnent une existence visible à des femmes et des enfants trop souvent réduits au silence.

Le projet porte également une série de revendications : meilleure protection dès le premier signalement, protection spécifique des enfants victimes de violences intrafamiliales, suspension de l’autorité parentale du parent violent, prise en charge psychologique des enfants, accompagnement des orphelins de féminicides ou encore formation des professionnels au contrôle coercitif.

Aujourd’hui, #AprèsLesViolences cherche une nouvelle forme pour faire entendre ces récits : le théâtre.
Une création intitulée ELLE(S) #AprèsLesViolences, est en préparation à partir des portraits et des témoignages recueillis par Marc Melki. Le projet sera mise en scène par Delphine Augereau et réunira, selon les formats, une ou plusieurs actrices et acteurs, un musicien ou percussionniste et les photographies projetées du photographe.
Les comédien.nes ne joueront pas des personnages. Ils et elles seront des passeur.ses de paroles, faisant entendre les prénoms, les âges et des fragments de témoignages. Une centaine de récits formeront ainsi une sorte de chœur, où chaque histoire restera singulière tout en faisant écho à toutes les autres.

La musique aura elle aussi un rôle essentiel : battements de cœur, rythme des coups portés, tensions, cris, mais aussi silences. Les photographies apparaîtront par intermittence, parfois très rapidement, parfois plus longuement, laissant au spectateur le temps de voir — ou de ne faire qu’apercevoir — les visages.

Plusieurs personnalités ont déjà donné leur accord de principe pour participer aux lectures publiques, parmi lesquelles Anna Mouglalis, Bruno Solo, Catherine Hiegel, Sanseverino, Judith Chemla, Cécile Maistre-Chabrol, Charlotte Dhénaux et Laetitia Eïdo.

Avec cette nouvelle étape, #AprèsLesViolences entend poursuivre le même combat : rendre visibles les victimes, faire entendre leurs paroles et déplacer le regard. Passer de la photographie à la scène pour que ces histoires ne restent pas derrière les portes closes où elles ont trop longtemps été enfermées.

Marc Melki est photographe indépendant depuis 1999. Il mène deux actions photographiques collectives et solidaires : l’une auprès des personnes sans abri (Et si c’était vous ? Aux éditions Actes Sud – 2017) et #AprèsLesViolences, consacrée aux femmes et aux enfants victimes de violences conjugales. www.marcmelki.com
Delphine Augereau est metteure en scène à la Compagnie de l’Acte.

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